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L'Interruption Médicale de Grossesse (IMG)

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Et que penser de l'IMG ?
Revue de presse



Et que penser de l'IMG ?

D’après « l’IVG en questions », A. ESCOT

 « L’interruption médicale de grossesse (IMG), anciennement appelée interruption thérapeutique de grossesse (ITG), est une disposition de la loi qui autorise, en cas de probabilité de problème grave de l’enfant, un avortement à tout moment de la grossesse, c’est-à-dire jusqu’à neuf mois.

Le texte de la loi (article L162-12) dit :
« …s’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic ». (…)

La logique de l’IMG est une logique purement eugénique. Ce n’est pas forcément de l’eugénisme idéologique, mais au moins un eugénisme pragmatique, c’est-à-dire conduit par l’intérêt de la collectivité à ne pas supporter des éléments « déficients », dont on sait qu’ils sont coûteux, qu’ils nécessitent des soins et une attention constants, et qu’ils sont source de souffrance pour l’entourage familial. (…)

Deux attitudes sont possibles à partir de ce constat. L’une consiste à rechercher les possibilités de soigner et guérir ces maladies (…). L’autre consiste à supprimer l’individu. Plus d’individu, plus de problème. (…)

Avoir un enfant handicapé bouleverse une vie. Un enfant malformé, déficient, est source de souffrance pour les parents. Qui osera affirmer le contraire ?

Il est vrai que la souffrance est devenue intolérable dans nossociétés développées. A l’heure où les progrès médicaux permettent presque tout, nous ne pouvons plus supporter l’idée de la souffrance. Voilà pourquoi, pour éviter à tout prix une souffrance qui nous est de surcroît imposée, nous sommes prêts à dire « il vaut mieux pour lui qu’il ne voie pas le jour ». Mais en réalité, il vaut mieux pour nous ! (…)

La compassion envers l’enfant (malade ou handicapé) qui aboutit à la décision de le supprimer n’est pas et ne peut pas être considérée comme une vraie compassion. Elle n’est qu’un alibi. Elle est l’alibi de notre impossibilité à admettre premièrement que l’enfant n’est pas conforme à l’idée que nous nous en faisons, et deuxièmement que notre vie va en être bouleversée. »

Revue de presse

Dr Jacques Milliez, chef du service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital St Antoine à Paris, Le Nouvel Observateur Hors Série n°37, 1999 :

  • « Notre métier, c’est la vie ; l’interrompre est douloureux, mais c’est aussi notre responsabilité de décider si l’intérêt probable du fœetus destiné à une vie impossible est de ne pas vivre. On appelle ça une interruption médicale de grossesse, mais c’est de l’eugénisme. »(…)

  • « Chaque anomalie foetale repérée recouvre une gamme de handicaps éventuels qui échappent souvent à toute prévision formelle et obligent à décider, presque à l’aveugle parfois, sur une présomption ou un calcul de risques. Même à l’autopsie du foetus, souvent on ne saura pas si on a eu raison ou tort. »

Association des Paralysés de France, citée par J-Y Naux, Le Monde du 18 mai 1994, p12 :

  • « Si l’on ne laisse pas naître un enfant en raison de l’existence voire de la présomption du handicap, l’enfant né avec la même différence pourra-t-il avec son handicap être considéré comme un enfant ? Ne risque-t-il pas de devenir une « erreur médicale » dans la mesure où il aura échappé à un dépistage possible, voire systématique ? Comment des personnes faisant l’objet d’une discrimination aussi cruciale à l’origine de leur vie échapperont-elles à une discrimination sociale accrue ? »

Jacques Julliard, dans « La Chronique de Jacques Julliard : La vie en procès », Le Nouvel Observateur n°1881, du 23 au 29 novembre 2000, p81 :

  • « Le rapporteur auprès de la cour, Pierre Sargos, me paraît avoir fait preuve de légèreté en affirmant que l’eugénisme « implique une dimension collective (…) nécessairement criminelle ».  L’eugénisme, c’est-à-dire l’amélioration du patrimoine génétique des populations, fondé au XIX° siècle par Sir Francis Galton, cousin de Darwin, a été longtemps considéré comme une doctrine progressiste, à laquelle ont adhéré un H.G. Wells ou un G.B. Shaw. Ce n’est qu’à partir de son utilisation par le nazisme, notamment sous la forme de l’élimination des handicapés, qu’on l’a assimilé à une doctrine criminelle. Au début du siècle, l’avortement était en général réprouvé et l’eugénisme applaudi. Aujourd’hui c’est l’inverse. »

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