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PLAN
Linterruption volontaire de grossesse (dite aussi IVG) :
Linterruption médicale de grossesse (IMG):
La clause de conscience :
Et la Constitution ?
Sources :
Code de la Santé Publique
MERGE-PELIER M., Le droit et la naissance,
problèmes juridiques soulevés par la grossesse et la naissance - Encycl. Méd. Chir.
(Paris-France), Gynécologie, 5550 A10, 1989.
GIRAUD J.-R., BREMOND A., ROTTEN D.,
Gynécologie, éd. Masson, 1993.
Chaque pays possède sa propre législation concernant lavortement, lautorisant
ou non et si oui, à des conditions et dans des délais extrêmement variés.
En France furent votées successivement la loi dite "loi Veil" du 17 janvier
1975, votée à titre provisoire pour une durée de 5 ans, puis la loi du 31 décembre
1979 qui nest rien dautre que la reconduction de la loi Veil.
Ainsi linterruption volontaire de grossesse ou IVG, qui se définit comme "lexpulsion
prématurée, volontairement provoquée, du produit de conception" est un acte
médical répondant à des règles inscrites dans le Code de la Santé publique. Le
non-respect de ces règles en fait théoriquement un délit puni par le Code Pénal.
Linterruption volontaire de grossesse (dite aussi IVG) :
LIVG ne peut être pratiquée quavant la fin de la 12ème semaine de
grossesse :
La loi ne précise pas comment on doit compter ces semaines. En pratique, on a choisit
de considérer ces 12 semaines comme les 12 semaines après la fécondation, soit 14
semaines de retard de règles (période dite daménorrhée), soit 14 semaines de
grossesse en langage médical. Mais en fait, il est très difficile de dater la grossesse
de façon aussi précise.
Peut demander une IVG "toute femme que son état place en situation de
détresse". Plus loin, le texte précise que la femme est seul juge de son état.
Le conseil détat a confirmé que létat de détresse nétait pas une
notion objective qui aurait pu alors être soumise à lappréciation dun tiers
(par exemple le médecin ou encore le père de lenfant), mais bien subjective et
soumise à la seule appréciation de lintéressée.
Seul un médecin, et à condition quil exerce dans un établissement agréé
public ou privé, peut pratiquer une IVG. La loi a prévu également une limitation du
nombre dIVG par établissement, ceux-ci ne pouvant dépasser le quart de la
totalité des actes médicaux et chirurgicaux qui y sont pratiqués.
La demande dIVG se déroule de la façon suivante :
Une première consultation médicale a lieu, faisant lobjet dun certificat,
au cours de laquelle le médecin doit affirmer le terme, cest à dire lâge de
la grossesse, informer la femme des risques médicaux liés à lIVG, à la fois pour
elle-même et ses futures grossesses, et lui remettre un "dossier-guide" dont la
mise à jour annuelle est prévue par la loi , destiné à éclairer la femme sur ses
droits et avantages sociaux au cas où elle garderait lenfant. Ces dossiers sont
fournis par la DDASS (Direction Départementale de lAction Sanitaire et Sociale).
Une consultation sociale auprès dun établissement agréé, qui fait également lobjet
dune attestation. Celle-ci est actuellement le plus souvent assurée par le
Planning-Familial. Il semble quinitialement cette consultation ait été prévue
pour que la femme soit écoutée et que lon puisse laider à mettre en
oeuvre tous les moyens destinés à laider à poursuivre sa grossesse.
Une deuxième consultation médicale après un délai dau minimum une semaine
après la première visite, au cours de laquelle on recueille le consentement écrit de la
femme que lon doit informer sur le déroulement de lintervention et où lon
prévoit la future contraception (inscrit dans la loi). La loi de 1979 précise que ce
délai de réflexion peut en fait être réduit à 2 jours lorsquil fait entrer la
femme hors des délais légaux de lIVG, le médecin étant seul juge de lopportunité.
Signalons aussi que toute IVG fait légalement lobjet dune déclaration
anonyme au médecin inspecteur régional de la santé.
Cas particulier des mineures célibataires : le consentement écrit dun des
parents ou représentant légal est exigé. La loi de 1979 précise que celui-ci doit
être obtenu en dehors de la présence des parents. En pratique, on remet le plus souvent
à la jeune fille un formulaire quelle doit faire signer par ses parents. Bien
entendu, on ne vérifie pas la validité de la signature.
Linterruption médicale de grossesse (IMG) :
Depuis 1939, lorsquune grossesse présentait un danger mortel pour la mère, il
était possible de linterrompre, ceci après avis de 3 médecins dont un médecin
expert.
La loi de 1975 prévoit que lavortement dit thérapeutique peut être pratiqué
après consultation de 2 médecins dont un expert, lorsquil existe " un
péril grave pour la santé de la femme ou une forte probabilité que lenfant à
naître soit atteint dune affection dune particulière gravité, reconnue
comme incurable au moment du diagnostic ".
Il ny a pas de délai à lIMG, qui peut être pratiquée à tout moment de
la grossesse, jusquau terme.
Les textes ne précisent pas non plus sur quels critères on doit apprécier le
caractère de gravité dune affection. Lexemple donné habituellement est lexistence
dun bec-de-lièvre, malformation rare mais classique de la face : serait-ce une
indication dIMG ?
La clause de conscience :
Notons enfin que le législateur a prévu une clause de conscience pour le médecin.
Textuellement, " un médecin nest jamais tenu de donner suite à une
demande dinterruption de grossesse ni de pratiquer celle-ci, mais il doit informer,
dès la première visite, lintéressée de son refus ". Bénéficient
également de cette clause les établissements privés, les sages-femmes, infirmiers et
autres auxiliaires médicaux. Par contre, les établissements publics sont tenus dassurer
un service dIVG et actuellement, les chefs de service hospitalier de
gynécologie-obstétrique ne bénéficient donc plus de cette clause.
Et la Constitution ?
En 1975, les textes de la loi Veil avaient provoqué de sévères critiques, en
particulier de la part dun groupe de 81 députés qui en avaient dénoncé le
caractère non conforme davec la Constitution.
Le Conseil constitutionnel avait donc rendu un arrêt précisant , " qu aucune
des dérogations prévues par la loi relative à linterruption volontaire de
grossesse, déférée au Conseil Constitutionnel, nest contraire, en létat,
à l un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, ni ne
méconnaît le principe énoncé dans le préambule de la Constitution du 27 Octobre 1946,
selon lequel la nation garantit à lenfant la protection de la santé, non
plus quaucune des autres dispositions ayant valeur constitutionnelle édictées par
le même texte. En conséquence, la loi relative à linterruption volontaire de
grossesse ne contredit pas les textes auxquels la Constitution du 4 Octobre 1958 fait
référence dans son préambule, non plus quaucun des articles de la
Constitution ".
On regrettera simplement quils naient pas jugé utile (ou pas
facile ?) de se justifier.
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