COMMUNIQUE DE PRESSE DES SURVIVANTES ET DES SURVIVANTS DE LYON
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Lyon, le vendredi 18 février 2000,
[Juste avant la manif...]
Le Nouvel Obs du 27 janvier 2000 (" Les ados et le sexe ")
nous est consacré. Il ne parle que de nous. Des difficultés auxquelles nous sommes
confrontées quand il nous faut parler à nos aînés de sexualité et de grossesse.
Témoignages et articles, tous saccordent pour illustrer le désaccord de deux
générations sur lI.V.G.. Comment pourrions-nous être daccord ? La loi
sur lI.V.G. nous a été imposée et elle remet en cause nos propres vies. 250 000
I.V.G. par an, nous sommes les survivants dune loterie nationale. Dune
société qui ne voulait pas de nous et qui aujourdhui ne veut pas des enfants que
nous désirons. Quand nous tombons enceintes, nous sommes angoissées den parler
parce que nous connaissons à lavance la réponse de notre entourage et de la
société : " Avorte ! " Combien de filles comme
Laure ou Adeline (in Nouvel Observateur) ont eu le courage et la volonté de dire à tout
le monde " je vous emmerde " ? Je peux vous le dire en
connaissance de cause, majoritaires sont celles qui comme Marie ont fini par céder aux
pressions répétées à contre cur (et qui ensuite vont jusquà faire un
procès à leur parents !). Comment pouvaient-elles faire autrement dans une
société qui na que cela à la bouche pour une fille de moins de 30 ans ?
" Il est désormais largement accepté davoir une relation sexuelle
jeune, mais le droit de faire un bébé vers 16 ou 17 ans reste socialement prohibé.
Peut-être lune des dernières prérogatives que les adultes sarrogent ? "(Nicole
Faivre in 15-30 ans déjà adultes encore ados). Lavortement nest jamais
désiré par une fille, il lui est imposé. On nous reconnaît un droit à la sexualité
mais personne nest prêt à accepter les fruits de cette sexualité et à nous
aider. " Rejet des parents, indifférences ou abandon du père, certaines
gamines, comme Amélie doivent affronter seules une maternité non désirée. " ! !
Nous, les Survivants nous aurions pu écrire ces articles qui racontent nos vies,
comme nous lavons fait dans " LItinérant "
, hebdomadaire
de lutte contre la misère et lexclusion. Venez faire votre propre article sur nous.
Nous manifestons de manière non violente et joyeuse
devant les portes de lHôpital de la Croix Rousse
à Lyon
(place Joannés Ambre dans le 4ème)
à 10H00
devant les portes parce que certaines dentre nous ne veulent plus y entrer.
[Après la manif...]
Il faisait trop trop froid ce matin devant lhôpital de la Croix-Rousse (Lyon 4ème).
Cracheurs de feu, hommes sandwiches, banderoles, jongleurs, chants, et des tonnes de
bébés (qui ne sont pas restés longtemps tellement on se pelait). Les Survivants
lyonnais allaient et venaient, mais il y en avait encore plus dans les cafés que sur la
place. Ca nous a quand même permis de faire pas mal de retape auprès de tous les jeunes
qui passaient. On a une fois de plus constaté que les Survivants ne sont pas des
extraterrestres mais un échantillon très représentatif de la jeunesse
daujourdhui ; une jeunesse qui ne veut plus de lI.V.G., mais qui
veut à la place une société qui tende vraiment la main, qui intègre les filles
enceintes en leur proposant de vraies solutions daccompagnement.
Les jeunes quon a croisé nous ont fait part de leurs témoignages, veulent nous
rejoindre, mais le plus émouvant est celui de ce vieux monsieur : " Lavortement,
cest à cause du Mc Donald " (oui bien sûr monsieur, vous avez
farpaitement raison. Voilà de quoi peaufiner notre argumentaire
).
Les journalistes aussi comprennent nos motivations et nous trouvent sympa (cest
vrai quon est franchement sympas, quoi), mais pour certains, un truc les fait encore
tiquer : ils se demandent qui il y a derrière, si nous ne sommes pas manipulés, ou
si nous ne sommes pas affiliés à des groupuscules religieux ou politiques. Cest
gentil de se soucier de nous, mais une bonne fois pour toutes, on vous dit la pure
vérité : derrière nous, PERSONNE. Affiliations, AUCUNE. Religion, NIET. Politique,
CONNAIS PAS. Certains ont déjà essayé, soit de nous récupérer, soit de faire
" genre on est copains ", mais sans succès : il faudrait
dabord quils comprennent quelques chose à notre bordel, et surtout, il
faudrait quils soient JEUNES, car nous, nous sommes tous nés après la loi sur
lI.V.G. de 1975.
Ce qui nous révolte est tous simple : pourquoi aujourdhui, une fille comme
nous qui se retrouve enceinte ne peut-elle pas faire autre chose quavorter ?
Cest celle qui le garde qui est tarée, car elle doit se battre comme une
folle ! Et cest dautant plus injuste que quand on est enceinte, on est
fragilisée psychologiquement, on est fatiguée, surtout quand cet enfant nétait
pas franchement désiré, que le père est irresponsable (voire inexistant), que les
études vont déjà pas fort, etc. Alors où est la société dans ces cas-là ?
Pourquoi refuse-t-elle de nous aider, en ne soccupant de nous que 10 minutes (le
temps dun avortement ou dun RU486), alors que cest APRES
lavortement que les vrais problèmes commencent !
Les Survivants, pour ça, cest rassurant, car on a voulu créer une ambiance
conviviale, où les gens sont acceptés tels quils sont, avec leurs problèmes
perso, mais où on vit les choses de manière solidaire, ensemble, car quand on a 17 ou 18
ans et quon est enceinte, ON NE PEUT PAS AFFRONTER SEULE !
Ce que nous demandons est illustré dans la superbe plaquette format CD quon vous
donne aux manifs. Quest-ce que nous désirons ? :
Une société qui écoute vraiment les femmes et les filles, et qui propose toujours à
temps les solutions alternatives
qui existent !
Une société qui réfléchisse à ce que peut être lavenir, quand manque une
proportion si importante de sa jeunesse
Une société qui sinterroge sur ce que peut penser cette jeunesse quand elle
nest pas acceptée telle quelle, mais désirée comme on voudrait quelle
soit : docile, pas dérangeante
Une société qui tende la main aux filles, aux femmes, pour résoudre les cas de
détresse plutôt que dy ajouter la déchirure de lavortement
Voilà, vous voyez, tout est légitime. Et ces revendications, nous les faisons
toujours de manière non-violente, et avec la joie de vivre, car la vie, on en connaît le
prix, nous qui avions selon les statistiques nationales une chance sur 4 dy passer.
Vous penserez à nous en vous baladant dans Lyon, on a littéralement placardé les
poteaux de la ville.
On est à votre disposition pour tous renseignements, pour prendre des pots avec vous,
se déplacer à vos rédactions, etc. Et on peut même vous inviter dans notre local
lyonnais, mais pour linstant cest un peu glauque, on nous a coupé
lélectricité
Les Survivants.
Contact presse : 06 67 68 88 53 (Lyon)
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