Retour à la page d'accueil les survivants

Mot cherché :

Navigation directe :

  Le mouvement SurviNEWS Documentation Magazine
SurviNEWS

Faîtes nous part de vos réactions

SurviNEWS


   Concours intervilles de statues, 21 fevrier 2003
   Fête des Survivants, Lyon, 6 avril 2002
   Défi sportif à la Baule, 3 janvier 2002
   Manif à Nantes, le 20 Avril 2001
   Manif, 11 mars 2000 à Toulouse
  Manif, 18 février 2000 (Lyon)
   Anniversaire de la loi Veil
   Manif, 21 décembre 1999 (Libourne)
   Lettre à Mme la ministre
   Manif, 21 décembre 1999 (Paris)

COMMUNIQUE DE PRESSE DES SURVIVANTES
ET DES SURVIVANTS DE LYON


Lyon, le vendredi 18 février 2000,
[Juste avant la manif...]

Le Nouvel Obs du 27 janvier 2000 (" Les ados et le sexe ") nous est consacré. Il ne parle que de nous. Des difficultés auxquelles nous sommes confrontées quand il nous faut parler à nos aînés de sexualité et de grossesse. Témoignages et articles, tous s’accordent pour illustrer le désaccord de deux générations sur l’I.V.G.. Comment pourrions-nous être d’accord ? La loi sur l’I.V.G. nous a été imposée et elle remet en cause nos propres vies. 250 000 I.V.G. par an, nous sommes les survivants d’une loterie nationale. D’une société qui ne voulait pas de nous et qui aujourd’hui ne veut pas des enfants que nous désirons. Quand nous tombons enceintes, nous sommes angoissées d’en parler parce que nous connaissons à l’avance la réponse de notre entourage et de la société : " Avorte ! " Combien de filles comme Laure ou Adeline (in Nouvel Observateur) ont eu le courage et la volonté de dire à tout le monde " je vous emmerde " ? Je peux vous le dire en connaissance de cause, majoritaires sont celles qui comme Marie ont fini par céder aux pressions répétées à contre cœur (et qui ensuite vont jusqu’à faire un procès à leur parents !). Comment pouvaient-elles faire autrement dans une société qui n’a que cela à la bouche pour une fille de moins de 30 ans ? " Il est désormais largement accepté d’avoir une relation sexuelle jeune, mais le droit de faire un bébé vers 16 ou 17 ans reste socialement prohibé. Peut-être l’une des dernières prérogatives que les adultes s’arrogent ? "(Nicole Faivre in 15-30 ans déjà adultes encore ados). L’avortement n’est jamais désiré par une fille, il lui est imposé. On nous reconnaît un droit à la sexualité mais personne n’est prêt à accepter les fruits de cette sexualité et à nous aider. " Rejet des parents, indifférences ou abandon du père, certaines gamines, comme Amélie doivent affronter seules une maternité non désirée. " ! !

Nous, les Survivants nous aurions pu écrire ces articles qui racontent nos vies, comme nous l’avons fait dans " L’Itinérant " , hebdomadaire de lutte contre la misère et l’exclusion. Venez faire votre propre article sur nous. Nous manifestons de manière non violente et joyeuse

devant les portes de l’Hôpital de la Croix Rousse
à Lyon
(place Joannés Ambre dans le 4ème)
à 10H00


devant les portes parce que certaines d’entre nous ne veulent plus y entrer.

[Après la manif...]

Il faisait trop trop froid ce matin devant l’hôpital de la Croix-Rousse (Lyon 4ème). Cracheurs de feu, hommes sandwiches, banderoles, jongleurs, chants, et des tonnes de bébés (qui ne sont pas restés longtemps tellement on se pelait). Les Survivants lyonnais allaient et venaient, mais il y en avait encore plus dans les cafés que sur la place. Ca nous a quand même permis de faire pas mal de retape auprès de tous les jeunes qui passaient. On a une fois de plus constaté que les Survivants ne sont pas des extraterrestres mais un échantillon très représentatif de la jeunesse d’aujourd’hui ; une jeunesse qui ne veut plus de l’I.V.G., mais qui veut à la place une société qui tende vraiment la main, qui intègre les filles enceintes en leur proposant de vraies solutions d’accompagnement.

Les jeunes qu’on a croisé nous ont fait part de leurs témoignages, veulent nous rejoindre, mais le plus émouvant est celui de ce vieux monsieur : " L’avortement, c’est à cause du Mc Donald " (oui bien sûr monsieur, vous avez farpaitement raison. Voilà de quoi peaufiner notre argumentaire…).

Les journalistes aussi comprennent nos motivations et nous trouvent sympa (c’est vrai qu’on est franchement sympas, quoi), mais pour certains, un truc les fait encore tiquer : ils se demandent qui il y a derrière, si nous ne sommes pas manipulés, ou si nous ne sommes pas affiliés à des groupuscules religieux ou politiques. C’est gentil de se soucier de nous, mais une bonne fois pour toutes, on vous dit la pure vérité : derrière nous, PERSONNE. Affiliations, AUCUNE. Religion, NIET. Politique, CONNAIS PAS. Certains ont déjà essayé, soit de nous récupérer, soit de faire " genre on est copains ", mais sans succès : il faudrait d’abord qu’ils comprennent quelques chose à notre bordel, et surtout, il faudrait qu’ils soient JEUNES, car nous, nous sommes tous nés après la loi sur l’I.V.G. de 1975.

Ce qui nous révolte est tous simple : pourquoi aujourd’hui, une fille comme nous qui se retrouve enceinte ne peut-elle pas faire autre chose qu’avorter ? C’est celle qui le garde qui est tarée, car elle doit se battre comme une folle ! Et c’est d’autant plus injuste que quand on est enceinte, on est fragilisée psychologiquement, on est fatiguée, surtout quand cet enfant n’était pas franchement désiré, que le père est irresponsable (voire inexistant), que les études vont déjà pas fort, etc. Alors où est la société dans ces cas-là ? Pourquoi refuse-t-elle de nous aider, en ne s’occupant de nous que 10 minutes (le temps d’un avortement ou d’un RU486), alors que c’est APRES l’avortement que les vrais problèmes commencent !

Les Survivants, pour ça, c’est rassurant, car on a voulu créer une ambiance conviviale, où les gens sont acceptés tels qu’ils sont, avec leurs problèmes perso, mais où on vit les choses de manière solidaire, ensemble, car quand on a 17 ou 18 ans et qu’on est enceinte, ON NE PEUT PAS AFFRONTER SEULE !

Ce que nous demandons est illustré dans la superbe plaquette format CD qu’on vous donne aux manifs. Qu’est-ce que nous désirons ? :
• Une société qui écoute vraiment les femmes et les filles, et qui propose toujours à temps les solutions alternatives… qui existent !…
• Une société qui réfléchisse à ce que peut être l’avenir, quand manque une proportion si importante de sa jeunesse…
• Une société qui s’interroge sur ce que peut penser cette jeunesse quand elle n’est pas acceptée telle quelle, mais désirée comme on voudrait qu’elle soit : docile, pas dérangeante…
• Une société qui tende la main aux filles, aux femmes, pour résoudre les cas de détresse plutôt que d’y ajouter la déchirure de l’avortement…

Voilà, vous voyez, tout est légitime. Et ces revendications, nous les faisons toujours de manière non-violente, et avec la joie de vivre, car la vie, on en connaît le prix, nous qui avions selon les statistiques nationales une chance sur 4 d’y passer.

Vous penserez à nous en vous baladant dans Lyon, on a littéralement placardé les poteaux de la ville.

On est à votre disposition pour tous renseignements, pour prendre des pots avec vous, se déplacer à vos rédactions, etc. Et on peut même vous inviter dans notre local lyonnais, mais pour l’instant c’est un peu glauque, on nous a coupé l’électricité…


Les Survivants.
Contact presse : 06 67 68 88 53 (Lyon)


Accueil > SurviNEWS > Manif, 18 février 2000 (Lyon)
SurviFORUM